Loi de finances 2026 : tout ce qui change pour toi (et ton portefeuille)
- 18 févr.
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Après des mois de feuilleton politique digne d'une série Netflix (rejets à la pelle, 49.3 à répétition et tutti quanti), la loi de finances 2026 a enfin été adoptée le 2 février 2026. Elle attend encore la validation du Conseil constitutionnel (normalement d’ici fin février), mais les grandes lignes sont posées.
On a décortiqué tout ça pour toi. Voici ce qui change concrètement suite à la loi de finances 2026.

💸 Barème de l'impôt sur le revenu : revalorisé de +0,9 %
Ce qui change : Les tranches du barème de l'impôt sur le revenu sont revalorisées de 0,9 % pour suivre l'inflation. Le gouvernement voulait initialement geler le barème (= ne pas le bouger), ce qui revenait à une hausse d'impôt déguisée.
Concrètement : Une personne seule devient imposable au-delà de ~11 600 € de revenus annuels (contre 11 497 € avant). Si tes revenus ont augmenté au même rythme que l'inflation en 2025, ton impôt ne bougera quasiment pas. Sans cette revalorisation, environ 200 000 foyers supplémentaires seraient devenus imposables.
Quand : Pour l'imposition des revenus de l’année 2025 (donc la déclaration au printemps 2026).
💰 APL, RSA, prime d'activité : hausse des aides
Ce qui change :
Le projet initial prévoyait une « année blanche » = geler toutes les prestations sociales. Cette mesure a été abandonnée dans le texte final. Les APL, le RSA, la prime d'activité et les allocations familiales seront bien revalorisées, autour de 0,9 % (le taux de l'inflation 2025).
La prime d'activité sera revalorisée de 50 € par mois en moyenne !
Quand :
RSA et prime d'activité → revalorisation au 1er avril 2026
APL → revalorisation au 1er octobre 2026
🚗 CPF : plus d'aide pour le permis de conduire
Ce qui change : Jusqu'ici, tout salarié pouvait utiliser son Compte Personnel de Formation (CPF) pour financer son permis de conduire. C'est terminé, car maintenant, seuls les demandeurs d'emploi pourront utiliser leur CPF pour le permis.
Précisions :
Le permis représentait 23 % des formations CPF et coûtait environ 300 millions d'euros par an. Le gouvernement estime que cette dépense ne relève pas de la formation professionnelle.
Pour les alternants : l'aide forfaitaire de 500 € pour les apprentis qui financent leur permis est également supprimée.
Et de manière générale, un plafonnement du CPF est instauré pour les bilans de compétences et certaines certifications (montants exacts à préciser par décret).
Quand : Dès la promulgation de la loi. Les dossiers déposés avant cette date restent traités selon les anciennes règles. Donc si tu comptes utiliser ton CPF pour le permis, c'est maintenant ou jamais !
👛 Pourboires : l'exonération est prolongée jusqu'en 2028
Ce qui change : Depuis 2022, les pourboires laissés volontairement par les clients sont exonérés de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu (pour les salariés gagnant moins de 1,6 SMIC). Cette exonération, qui devait s'arrêter fin 2025, est prolongée jusqu'au 31 décembre 2028.
🥗 Repas à 1 € pour TOUS les étudiants au CROUS
Ce qui change : Le repas à 1 € dans les restaurants universitaires, jusque-là réservé aux étudiants boursiers, sera étendu à l'ensemble des étudiants (boursiers ou non).
Quand : À partir de mai 2026.
💌 Réduction d'impôt pour les dons : plafond doublé
Ce qui change : La réduction d'impôt à 75 % pour les dons aux associations d'aide aux personnes en difficulté (repas, logement, soins, violences conjugales, ce qui est concerné par la "loi Coluche") passe de 1 000 € à 2 000 €. Donc tu peux donner jusqu'à 2 000 € à ces associations et bénéficier d'une réduction d'impôt de 75 % (soit 1 500 € de réduction max).
Précisions :
Une réduction d'impôt exceptionnelle de 75 % (dans la limite de 1 000 €) est créée pour les dons en faveur de la restauration du Château de Chambord, pour l'année 2026 uniquement.
Ça concerne les dons réalisés depuis le 14 octobre 2025.
📈 Taxe sur les revenus du capital : le PFU passe à 31,4 %
Ce qui change : Le taux de CSG sur certains revenus du capital augmente de 1,4 point (de 9,2 % à 10,6 %). Résultat : le PFU passe de 30 % à 31,4 %.
💡 Le PFU ("prélèvement forfaitaire unique", aussi appelé “flat tax”), c'est le taux fixe que l'État prélève sur tes gains financiers : intérêts des livrets bancaires (non réglementés), dividendes, plus-values quand tu vends des actions ou de la crypto, etc.
Ce qui N'est PAS concerné : Les livrets d’épargnes réglementés par l’Etat (Livret A, LDDS, LEP…), les revenus fonciers (location nue), les plus-values immobilières, et l'assurance-vie.
Quand : Pour les revenus de placement → depuis le 1er janvier 2026. Pour les revenus du patrimoine (plus-values, revenus locatifs meublés…) → sur les revenus perçus en 2025, déclarés au printemps 2026.
📦 Importations : taxe de 2 € sur les « petits colis »
Ce qui change : Une nouvelle taxe de 2 € par colis est instaurée sur les colis de faible valeur (moins de 150 €) en provenance de pays hors Union européenne. Cette mesure vise directement les plateformes comme Shein, Temu ou AliExpress, accusées de concurrence déloyale.
Quand : Date d'entrée en vigueur à préciser par décret.
🚋 Frais de transport domicile-travail : 75 % prolongés
Ce qui change : La mesure permettant aux employeurs de prendre en charge jusqu'à 75 % de l'abonnement transport (au lieu de 50 % obligatoires) avec une exonération de cotisations est prolongé en 2026.
👨⚖️ Contribution à l'aide juridictionnelle : 50 € à payer
Ce qui change : Une contribution de 50 € devra désormais être payée par toute personne qui lance une action en justice devant un tribunal judiciaire ou un conseil de prud'hommes. Ça aidera à financer l'aide juridictionnelle (une aide permettant aux personnes qui n'ont pas les moyens de payer un avocat).
Quand : Date à préciser par décret.
🏢 Investissement locatif : un nouveau dispositif
Ce qui change : Le dispositif Pinel, c'est fini. Il est remplacé par un nouveau système appelé « Relance Logement ». Le principe est simple : si tu achètes un logement pour le louer, tu peux chaque année déduire de tes impôts un pourcentage de la valeur du bien (environ 4 % pour du neuf, 3,5 % pour de l'ancien rénové). Par exemple, pour un appartement acheté 200 000 €, ça représente jusqu'à 8 000 € déduits de tes revenus imposables par an.
En échange, il y a des conditions à respecter : le logement doit être un appartement (pas une maison), loué vide (non meublé), en tant que résidence principale du locataire. Si c'est du neuf, il doit être situé en zone tendue. Si c'est de l'ancien, il faut y faire des travaux de rénovation importants. Tu dois aussi t'engager à louer pendant au moins 9 ans, et respecter des plafonds de loyer pour que le logement reste accessible.
Quand : Depuis le 1er janvier 2026.
🚧 Travaux de réno : deux changements
Ce qui change :
Le plafond de déduction du déficit foncier sur le revenu pour les travaux de réno énergétique est maintenu à 21 400 €, jusqu'en 2027. Ce que ça veut dire concrètement : si tu es propriétaire et que tu loues un logement non meublé, tu peux déduire de tes impôts une partie des travaux de rénovation énergétique que tu réalises (isolation, chauffage…), jusqu'à 21 400 € par an (au lieu de 10 700 € normalement). Ce coup de pouce, qui existait déjà, est prolongé jusqu'en 2027.
MaPrimeRénov', l'aide de l'État pour financer tes travaux de rénovation énergétique (isolation, changement de chauffage…), sera bien reconduite en 2026. Le montant de l'aide dépend des travaux réalisés et de tes ressources : plus tes revenus sont modestes, plus l'aide est importante. On te rappelle aussi que le dispositif a connu bien des déboires : retards de paiement, montants plus faibles que prévu… ce reportage du Parisien l’explique en détail (dispo sur les plateformes d’écoutes classiques). Bref, renseigne-toi bien avant de te lancer.
📝 Autres changements spécifiques
Un résumé des mesures qui touchent des situations ou des publics moins présents parmi les Buddies.
Pour les retraités :
Maintient de l’abattement de 10 % : Le gouvernement voulait remplacer l'abattement fiscal de 10 % sur les pensions par un forfait de 2 000 € (4 000 € pour un couple). Cette mesure, très contestée, a été abandonnée dans le texte final.
Suspension de la réforme des retraites : La LFSS 2026 (votée en décembre 2025) prévoit la suspension jusqu'en janvier 2028 du calendrier de la réforme des retraites de 2023 (dite "réforme Borne"). Concrètement : le relèvement progressif de l'âge légal et de la durée de cotisation est mis en pause.
Deux mesures en faveur des femmes sont également adoptées : meilleure prise en compte du nombre d'enfants dans le calcul de la pension, et possibilité de retraite anticipée pour carrière longue grâce aux trimestres de maternité.
Pour les très hauts revenus (> 250 000 €/an) : La Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus, créée en 2025 pour un an, est prolongée indéfiniment tant que le déficit public reste au-dessus de 3 % du PIB. Elle garantit un taux d'imposition minimum de 20 % pour les foyers fiscaux dont le revenu dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple).
Pour les détenteurs de PER (Plan Épargne Retraite) de plus de 70 ans :
Fin de l'avantage fiscal après 70 ans : les versements sur un PER effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. En contrepartie, la sortie en capital de ces versements sera exonérée d'impôt (mais pas les produits/intérêts générés).
Report du plafond étendu à 5 ans : Si tu n'as pas utilisé tout ton plafond de déduction PER, tu pourras désormais le reporter sur 5 ans (au lieu de 3 ans avant).
Pour les étudiants étrangers hors UE non boursiers : Les APL seront supprimées pour les étudiants étrangers hors Union européenne qui ne sont pas boursiers, à compter de la rentrée 2026.
Pour les agriculteurs, plusieurs mesures de soutien sont reconduites ou créées :
Crédit d'impôt agriculture biologique : prolongé jusqu'en 2028.
Crédit d'impôt HVE (Haute Valeur Environnementale) : prolongé d'une année supplémentaire (2026).
Dotation pour Épargne de Précaution (DEP) : maintenue jusqu'en 2028, avec extension à de nouveaux aléas (économiques, maladies, incidents environnementaux).
Crédit d'impôt de 7,5 % pour les exploitants adhérant aux coopératives d'utilisation de matériel agricole (Cuma).
Pour les (très) grandes entreprises : La taxe “Contribution Exceptionnelle sur les Bénéfices des Grandes Entreprises” (CEBGE), initialement prévue pour 2025 uniquement, est prolongée en 2026. Elle concerne les entreprises réalisant un chiffre d'affaires d'au moins 1,5 milliard d'euros et redevables de l'IS. Environ 300 groupes sont concernés. En revanche, les ETI (entreprises de taille intermédiaire) sont exclues du dispositif en 2026, contrairement à 2025.
Pour les holding patrimoniales : Taxe de 20 % sur les biens “somptuaires”. Initialement, le gouvernement voulait taxer à 2 % l'ensemble du patrimoine financier des holdings patrimoniales. Le texte final est différent : une taxe de 20 % s'appliquera, mais uniquement sur les biens somptuaires (résidences mises à disposition des associés, yachts, avions privés, voitures de luxe, chevaux de course, bijoux…). La trésorerie et les actifs opérationnels sont exclus. Ça concerne les sociétés à l’IS, détenues à 50 % ou plus par des personnes physiques, dont les actifs imposables dépassent 5 millions d'euros et dont plus de 50 % des revenus sont passifs.
Pour les fonds commerciaux : L’amortissement est prolongé. La possibilité de déduire fiscalement l'amortissement d'un fonds commercial acquis est prolongée pour les fonds acquis entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2029 (elle devait initialement s'arrêter fin 2025).
En résumé, cette loi de finances 2026 touche à peu près tout le monde, et tous les sujets : ton impôt sur le revenu, tes aides (APL, RSA, prime d'activité), ton CPF, tes placements, et même tes commandes en ligne.
On continue de suivre la validation du Conseil constitutionnel et la publication des décrets pour te tenir informé·e de ce qui entre vraiment en vigueur. Et comme d'habitude, si tu as une question sur une démarche liée à ces changements, Buddy est là pour t'aider à y voir clair 💜
Cet article a été mis à jour le 18 février 2026.



