top of page

Chômage et création d'entreprise : comment calculer tes droits en 2026

12 janv.
15 min de lecture

Dernière mise à jour : 25 août

Eh oui, tu peux créer une entreprise et continuer à toucher ton assurance chômage. 😎


Ton droit ARE (allocations de retour à l’emploi = plus simplement “le chômage”) dépend uniquement de ton passé en tant que salarié et ton ex-contrat de travail, par exemple après une rupture conventionnelle bien négociée pour un CDI.


En revanche, une fois que tu veux créer ou reprendre une entreprise, France Travail ne calcule plus tes indemnités de la même façon : selon ton statut, ils ne retiennent pas le même “revenu”, ce qui peut faire varier la durée et le montant que tu touches chaque mois.


Le but de cet article : t’expliquer simplement comment France Travail calcule le montant de ton chômage mensuel selon le statut que tu choisis... et des tips pour optimiser et préserver un maximum de droits (oui oui les petits rats).



personne tenant un carton symbolisant une situation de chômage



☝️ Les trois règles pour le cumul allocation chômage + création ou reprise d'entreprise


  1. La règle des 60% de droits restants (impact sur la durée)


Mauvaise nouvelle : il faut que tu saches que depuis le 1er avril 2025, si ton droit ARE est ouvert suite à une perte d'emploi et que tu démarres une nouvelle activité non salariée (appelée activité reprise), tu peux cumuler chômage + création d’entreprise, mais seulement pendant 60 % des jours de droits qu’il te reste. Peu importe ton statut.

💡 Tu peux récupérer les 40% restants seulement si tu fermes ton entreprise et n’as plus d’activité non salariée.

Bonne nouvelle : Si ton entreprise était déjà créée et rémunérée (même 10€) avant ton que tu sois inscrit à France Travail (et donc avant ta perte d’emploi), cette limite ne s'applique pas : tu conserves 100 % de la durée de tes droits. On te conseille donc de bien anticiper si tu souhaites te lancer dans la création ou reprise d'une boîte.

👉 Par exemple, si tu as 245 jours d’allocations restants, en devenant entrepreneur, il ne te restera plus que 147 jours d’allocations. Après ça, finito les allocations chômage :(

Tu peux trouver le nombre de jour d’allocations restants sur la page d’accueil de ton espace France Travail, cf. l’image ci-dessous.





  1. La règle des 70% de ton revenu (impact sur le montant)


La bonne nouvelle arrive : quand tu crées une entreprise en touchant ton chômage, France Travail applique une règle commune à tous les statuts (micro, BNC, SASU, EURL…).


Et cette règle est simple :

👉 Chaque mois, France Travail ne prend en compte que 70 % de ton revenu pro pour calculer tes droits au chômage(ARE).


En clair :

  • tu gagnes un revenu → ton ARE baisse un peu

  • tu ne gagnes rien → ton ARE reste à 100 %

  • mais rien n’est perdu : les jours non indemnisés ce mois-ci seront rajoutés à la fin de tes droits, ce n’est donc qu’un report.


France Travail ne prend en compte que 70% de ton revenu car il considère que 30% sert à payer différents frais(charges, frais, cotisations, congés…).


Le calcul France Travail (simplifié) :

👉 ARE du mois versée = ARE de base mensuelle – (70 % × ton revenu du mois)


Exemple :

  • Ton ARE de base mensuelle : 1 200 €

  • Tu gagnes 500 € de revenu ce mois-ci

  • France Travail retient 70 % de 500 = 350 €

  • Nouveau montant d’ARE = 1 200 – 350 = 850 €

Ton revenu total du mois :

💰 500 € d’activité + 850 € d’ARE = 1 350 €


Mais ce “revenu” pris en compte par France Travail varie d’un statut à l’autre. Et on va t’expliquer clairement comment le calculer dans les parties suivantes.


  1. L'option ARCE qui ne se cumule pas au chômage


Avant de plonger dans les calculs par statut, il faut aussi que tu connaisses l’ARCE, l’autre possibilité quand tu crées une entreprise en étant demandeur d’emploi.


L’ARCE, c’est simple : tu transformes une partie de ton chômage en capital, versé en deux fois : la première au lancement de ton entreprise, la seconde 6 mois après. C’est une sorte de “boost de démarrage” pour ton activité.


Mais contrairement au cumul classique ARE + revenu, l’ARCE vient avec une conséquence importante : si tu prends l’ARCE, tu arrêtes définitivement l’ARE.

Plus aucun versement mensuel, plus d’actualisation : tu reçois ton capital… et c’est tout.

L'ARCE est accessible pour tous les statuts : Micro, SASU, BNC, EURL, SARL… mais elle est surtout utile dans le cas où :

  • tu as besoin de cash immédiat pour démarrer (matériel, stock, outils, local…)

  • ton activité doit générer du revenu rapidement

  • tu veux éviter les déclarations et ajustements mensuels France Travail

  • tu préfères une aide “d’un coup” plutôt qu’un filet de sécurité chaque mois



🎯 Micro-entreprise et chômage : le chouchou de France Travail


Le calcul ARE en micro : tout part du chiffre d’affaires


Étape 1 : calculer ton revenu d’auto-entrepreneur


Pour le régime de la micro-entreprise, France Travail ne regarde pas ton salaire (puisque techniquement, tu n’en as pas). Ils regardent ton chiffre d’affaires. C’est lui qui sert de base au calcul.


Ton “revenu d’auto-entrepreneur” sera donc calculé de la façon suivante :

👉 Revenu d’auto-entrepreneur = Chiffre d’affaires – abattement


L’abattement, c’est la part de ton CA qu’on considère comme tes “frais”.

Il est appliqué automatiquement en fonction de ton activité :

  • 34 % pour les activités libérales (micro-BNC),

  • 50 % pour les prestations de services (micro-BIC),

  • 71 % pour la vente (micro-BIC).


Exemple :

Si tu es freelance designer et que tu as facturé pour 1200€ de prestations ce mois ci.

-> Ton abattement sera donc de 50% (pour ton activité de prestations de services).

Donc ton revenu d’auto-entrepreneur = 1200€ - 50% = 600€


Étape 2 : Appliquer les 70% pour obtenir ton aide au retour à l'emploi (ARE)


France Travail va ensuite déduire une partie de ton ARE de base (celle que tu touches sans CA) en se basant sur ce revenu de 600 €. La règle est simple : 70 % de ce revenu est déduit.


👉 Ton ARE du mois = Ton ARE de base - (70 % x revenu d'auto-entrepreneur)


Si on reprend notre exemple précédent :

Disons que ton ARE de base est de 1 900 €.

  1. Montant de la déduction : 600 € (ton revenu) x70 % = 420 €

  2. ARE versée : 1 900 € (base) - 420 € (déduction) = 1 480 €

Tu touches donc 1 480 € d'ARE versés par France Travail, en plus de tes 1 200 € de CA encaissé.


À savoir :

  • Le calcul complet de ton ARE du mois est donc :

    👉 Ton ARE de base - 70% x (Chiffre d’affaires x ton abattement pour frais professionnels.)

  • Si tu fais 0 € de CA → revenu = 0 → ARE à 100 %.

  • Et plus ton CA monte → plus l’impact sur ton ARE augmente. Logique.


Il y a bien sûr des conditions précises pour cumuler l’ARE avec une micro-entreprise. Pour tout comprendre, tu peux consulter les fiches officielles de l'Unédic sur le cumul allocation et activité.



💡 Le BNC réel et chômage : le maître de la déduction de frais


Avant de sortir la calculatrice, petite mise au point indispensable.


Micro-BNC vs BNC régime réel : ne confonds pas les deux !


Pourquoi c'est crucial ? Parce que la logique comptable est totalement différente :

  • En micro-BNC, l'État (et France Travail) "estime" tes frais via un forfait (les fameux 34 %). Peu importe si tu as dépensé 0 € ou 1 000 € pour bosser, le calcul reste le même.

  • En BNC régime réel, on arrête les estimations. On regarde ce qu'il reste vraiment dans ta poche une fois toutes tes charges payées. C’est du "réel".


Le calcul de l'ARE en BNC réel : place aux factures


Ici, France Travail ne se base plus sur un abattement forfaitaire, mais sur ton bénéfice net fiscal.

C’est-à-dire ton résultat comptable pur et dur :


👉 Revenu pris en compte = ton CA – charges réellement payées

Les "charges réelles", c'est tout ce que tu dépenses pour ton activité : loyer de bureau, matériel, logiciels, déplacements, cotisations sociales, etc.


Exemple concret :

Reprenons un scénario simple avec une ARE de base de 1 900 €. Tu as encaissé 1 200 € de chiffre d'affaires (produits), mais tu as eu 400 € de frais réels ce mois-ci (coworking, achat de matériel, etc.).

  • Étape 1 : Calculer ton revenu réel 👉 1 200 € (ton CA) - 400 € (tes charges) = 800 €

Pour France Travail, ton revenu d'activité est donc de 800 €.

  • Étape 2 : Appliquer la déduction sur ton ARE

Comme vu plus haut, on applique la règle des 70 % sur ce revenu réel :

👉 800 € x 70 % = 570 €

  • Étape 3 : Le montant final de ton allocation

Ces 570 € sont déduits de ton allocation de base.

👉 1 900 € (ton ARE de base) - 570 € (la déduction) = 1 330 €

Au final pour ce mois-ci : tu toucheras 1 330 € d'ARE versés par France Travail, en plus de ton bénéfice réel de 800 €.


💡 Le conseil Buddy : Si tu as beaucoup de frais (>34 % de ton CA), le régime réel est souvent plus avantageux pour ton cumul ARE. Pourquoi ? Parce que tu déclares un revenu net plus bas à France Travail, donc ils déduisent moins d'argent de ton allocation chômage. Logique.

À savoir :

  • En BNC réel : tu peux optimiser ton ARE grâce à tes charges

  • Le calcul de ton ARE du mois = ARE de base - 70% x (CA - charges réelles)

  • L'astuce : + tu as de frais justifiés (matériel, loyer pro, cotisations), + tu réduis ton bénéfice net, et - France Travail te retire d'ARE.

  • La condition : Ce régime est réservé aux professions libérales et devient obligatoire si ton CA dépasse 77 700 € (tu peux être en micro BNC avant ça).



🚀 SASU et chômage : le champion de la souplesse


Le statut SASU, c'est le niveau expert de la création d'entreprise, mais c'est aussi le plus souple pour ton chômage. Tu es le Président, et c'est toi qui choisis si tu te paies ou non. C'est là que la magie opère.


Le secret de la SASU : zéro salaire = full ARE


Le calcul du maintien de l'ARE en SASU est basé sur ta rémunération réelle en tant que dirigeant. Le chiffre d'affaires de ta société ? France Travail s'en fiche, (au moins au début)

Tu fais du CA MAIS tu ne te verses rien (zéro rémunération) :

👉 Le résultat pour France Travail : Ton revenu est considéré comme... zéro.

👉 Ta récompense : Tu continues de toucher tes allocations chômage à 100 % (ton ARE de base) jusqu'à épuisement de tes droits.

⚠️ Mais minute papillon ! Si le fait de ne pas se payer de salaire permet de maintenir l'ARE, France Travail peut considérer les dividendes comme une rémunération déguisée (pour éviter la déduction de l'ARE, bah oui les petits malins).

Notre conseil : Si tu comptes verser de grosses sommes en dividendes, valide impérativement le montage avec ton conseiller France Travail. Sans confirmation écrite, tu risques une régularisation salée à la fin de l'année.


L'impact si tu te paies (quand tu as faim)


Si l'activité roule et que tu te verses un salaire de Président, le calcul redevient classique :

  1. France Travail regarde ton salaire net versé.

  2. Elle applique la règle de la déduction à 70 % sur ce montant net.

Exemple chiffré :

  • Ton ARE de base : 1 900 €

  • Ton salaire net de Président versé : 1 000 €

  • Montant retiré : 1 000 € x 70 % = 700 €

  • ARE versée : 1 900 € (base) - 700 € (déduction) = 1 200 €

Tu touches 1 200 € d'ARE et tes 1 000 € de salaire net versé par ta société.


À savoir :

  • Le calcul complet de ton ARE du mois est donc : 👉Ton ARE de base - 70% x salaire net que tu te verses

  • Si ton salaire net de président est de 0 € -> revenu retenu = 0 -> ARE à 100%.

⚠️ Attention aux dividendes : Le versement de grosses sommes en dividendes (surtout si la rémunération est de 0) peut être considéré par France Travail comme une rémunération déguisée et entraîner une régularisation de ton ARE. Valide toujours ce point avec ton conseiller.

L'EURL / SARL et chômage : sous haute surveillance


Ici, tu ne choisis plus la souplesse. Tu crées une société qui te donne le statut de Gérant (EURL si tu es seul, SARL si vous êtes plusieurs). Tu es TNS (Travailleur Non Salarié).

Pourquoi c'est important ? Parce que France Travail a du mal à vérifier tes revenus en temps réel. Du coup, ils sont beaucoup plus méfiants qu'avec une SASU.


Le calcul stratégique pour les allocations chômage : IS vs IR


Le calcul de la déduction d'ARE dépend entièrement de ton choix fiscal :


Option 1 : La stratégie gagnante (Impôt sur les Sociétés - IS)

  • C'est le choix à faire pour maximiser ton ARE. L'IS permet de séparer les caisses :

    👉 Déduction ARE = 70% x Rémunération que tu te verses

  • Le bénéfice de la société reste dans l'entreprise (non considéré comme ton revenu). Seule la rémunération que tu as décidée de te verser est prise en compte.

  • Idéal si tu fais beaucoup de bénéfices mais tu veux maintenir ton ARE à 100 %.

  • Attention : L'IR n'est intéressant que si tu prévois des pertes importantes au début (pour les déduire de tes impôts personnels) ou si tes revenus personnels sont très faibles. Dans tous les autres cas d'optimisation ARE, on te conseille l'IS.


Option 2 : La stratégie transparente (Impôt sur le Revenu - IR)

  • Si tu choisis l'IR (le régime par défaut pour l'EURL), tu n'as pas de séparation des caisses :

    👉 Déduction ARE = 70% x Bénéfice Net de la société

  • Le bénéfice est directement considéré comme ton revenu personnel. Même si tu ne sors pas l'argent du compte pro, il est imposé et il est déduit de tes allocations.

  • Idéal si tu es sûr de faire de faibles bénéfices et que tes revenus sont dans la tranche non imposable. Déconseillé si tu veux optimiser ton ARE.


La boîte noire : le piège du versement de “forfait de sécurité”


Quel que soit ton choix (IS ou IR), France Travail a le même problème : tu n'as pas de fiche de paie. Ta rémunération ou ton bénéfice sont une boîte noire tant que ton bilan annuel n'est pas sorti.

Pour éviter de te verser trop d'argent, ils appliquent souvent un forfait de sécurité (une déduction temporaire).


La régularisation (le retour du comptable) :

Une fois le bilan sorti, ils font les comptes exacts en regardant le montant officiel de ton TNS (rémunération si IS, bénéfice si IR) et te remboursent ou te réclament le trop-perçu.


À savoir :

  • Choix en IS : Le calcul complet de ton ARE du mois est donc : 👉 ton ARE de base - 70% x Rémunération du gérant que tu te verses (pas l’argent de l’entreprise)

  • Choix en IR : Le calcul complet de ton ARE du mois est donc : 👉 ton ARE de base - 70% x Bénéfice net comptable de ta société (ta rem + l’argent de l’entreprise)

🚨 La Contrainte TNS : Attention, quel que soit ton choix fiscal, tu subiras le forfait de sécurité de France Travail et la régularisation annuelle. Le versement de ton ARE est toujours provisoire jusqu'à la production de ton bilan. Anticipe en gardant de la trésorerie.


🏁 Pour créer ton entreprise : le meilleur statut est celui qui sert ton projet


Tu maîtrises maintenant l'art complexe du cumul ARE et création d’entreprise.

Rappelle-toi toujours des deux règles d'or :

  • Le montant de ton ARE est toujours réduit de 70 % de ton revenu d’activité (peu importe le statut).

  • Depuis 2025, la durée de tes droits pour une nouvelle activité est limitée à 60 % de tes droits restants.

  • Si tu choisis l’ARCE, ton ARE s'arrête et tu donnes définitivement la main : tu touches 60 % de tes droits en capital, mais tu dis adieu au cumul mensuel.



Tableau récapitulatif des droits selon le statut :

Tableau cumul ARE activité non salariée




Découvre... Ta minute adulte 💌


Abonne-toi à la newsletter Buddy. Dans 6 mois, tu seras quelqu'un qui sait vraiment gérer et optimiser les sujets de la vie d'adulte 🌟




💼 Questions fréquentes sur le chômage et la création d'entreprise


Peut-on cumuler le chômage et la création d'entreprise ?


Oui. Tu peux créer ton entreprise tout en continuant à percevoir ton allocation chômage, et ce droit est ouvert à tous les allocataires, que tu aies obtenu l'ACRE ou pas.


Quatre conditions : rester inscrit comme demandeur d'emploi et t'actualiser chaque mois, ne pas avoir demandé l'ARCE (les deux dispositifs s'excluent), avoir créé l'entreprise après la fin du contrat de travail qui a ouvert tes droits, et ne pas dépasser ton salaire mensuel de référence.


Un cas particulier avantageux : si tu exerçais déjà cette activité avant la fin de ton contrat de travail, en cumulant les deux rémunérations, on parle d'activité conservée. Tu cumules alors ton allocation intégralement avec tes revenus non salariés. En contrepartie, tu perds le droit à l'ARCE.


Pendant combien de temps peut-on cumuler ?


C'est la règle la moins connue, et la plus coûteuse si tu l'ignores. Depuis le 1er avril 2025, le cumul est limité à 60 % des jours de droits qu'il te reste au moment où tu démarres ton activité.


Un exemple : il te reste 245 jours d'allocation, tu crées ton entreprise, tu ne pourras cumuler que sur 147 jours. Les 40 % restants sont gelés.


Tu peux récupérer ces 40 % dans un seul cas : si tu cesses définitivement ton activité non salariée. Tu peux aussi saisir l'Instance paritaire régionale pour demander à poursuivre le versement au-delà du plafond, mais c'est une démarche à faire dans les 6 mois, et l'issue n'est pas garantie.


À savoir : cette limite ne s'applique pas à l'activité conservée, où tu gardes 100 % de la durée de tes droits.


Combien vais-je toucher exactement ?


France Travail retient 70 % de ton revenu d'activité et le déduit de ton allocation mensuelle. Les 30 % restants sont considérés comme partant en frais et cotisations.


En micro-entreprise, le revenu retenu n'est pas ton chiffre d'affaires brut mais ton chiffre d'affaires après abattement : 71 % pour la vente de marchandises, 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 34 % pour les activités libérales.


Exemple pour un freelance en prestation de services. Tu factures 1 200 € ce mois-ci. Après abattement de 50 %, ton revenu retenu est de 600 €. France Travail déduit 70 % de 600 €, soit 420 €. Si ton allocation de base était de 1 900 €, tu touches 1 480 € d'allocation, plus tes 1 200 € encaissés.


Bon à savoir : si tu fais 0 € de chiffre d'affaires un mois, ton revenu retenu est de 0 € et tu touches ton allocation à 100 %.


ARE tous les mois ou ARCE en capital : que choisir ?


Deux logiques opposées, et le choix n'est pas réversible.


L'ARE maintenue, c'est un filet mensuel recalculé chaque mois selon tes revenus déclarés. Plus tu gagnes, moins tu perçois. Elle est plafonnée à 60 % de tes droits restants.


L'ARCE, c'est un capital immédiat : 60 % de tes droits restants, après déduction d'une participation de 3 % au financement des retraites complémentaires. Il est versé en deux fois : la moitié au démarrage de l'activité, la moitié 6 mois plus tard. En choisissant l'ARCE, tu mets fin au versement mensuel de ton allocation.


Comment trancher. L'ARE convient si tes revenus vont être faibles ou irréguliers au démarrage, si tu veux garder de la souplesse, ou si ta tranche d'imposition est élevée (l'ARCE est imposable dans la catégorie des traitements et salaires, et arrive en deux gros versements). L'ARCE convient si tu as besoin d'un capital de départ pour investir, si tes revenus vont être rapides et stables, ou si ta tranche d'imposition est faible.


Une condition à ne pas manquer : pour obtenir l'ARCE, il faut bénéficier de l'ACRE, ne pas déjà cumuler allocation et rémunération, et fournir un extrait Kbis ou une synthèse INPI validée.


Comment obtenir l'ACRE en 2026 ?


Attention, c'est le changement le plus important de l'année et il piège beaucoup de créateurs. L'ACRE était accordée automatiquement, sans aucune formalité. Ce n'est plus le cas : la demande est désormais obligatoire auprès de l'Urssaf, et elle doit être déposée au plus tard le 60e jour suivant la date d'ouverture de ton activité. Passé ce délai, tu n'as rien.


Cette obligation s'applique depuis le 1er janvier 2026 si tu es entrepreneur individuel ou dirigeant de société (SASU, SA), et depuis le 1er juillet 2026 si tu es micro-entrepreneur.


Ce que ça t'apporte si tu es micro-entrepreneur : un taux de cotisations réduit, jusqu'à la fin du 3e trimestre civil suivant le début de ton activité. Le taux d'exonération dépend de ta date de création : 50 % pour une micro-entreprise créée ou reprise avant le 1er juillet 2026, et 25 % à partir de cette date. C'est le décret du 6 février 2026 qui a acté cette baisse.


D'où un conseil très concret sur la durée : démarre en début de trimestre (janvier, avril, juillet, octobre). Si tu démarres en septembre, tu n'auras l'exonération que jusqu'au 30 juin de l'année suivante, soit 10 mois au lieu de 12.


Si tu es entrepreneur individuel hors micro ou dirigeant de société, c'est une exonération partielle de tes cotisations personnelles pendant 12 mois, dégressive à partir de 36 045 € de revenus et nulle au-delà de 48 060 €.


Deux conditions à connaître : tu ne dois pas avoir bénéficié de l'ACRE au cours des 3 années précédentes, et tu dois appartenir à l'une des catégories éligibles (allocataire de l'ARE, demandeur d'emploi non indemnisé inscrit plus de 6 mois sur les 18 derniers mois, bénéficiaire du RSA ou de l'ASS, 18 à 25 ans révolus, moins de 30 ans non indemnisé, création en quartier prioritaire, entre autres).


Quelles démarches faire auprès de France Travail ?


Trois obligations, et aucune n'est facultative.


Déclarer la création de ton entreprise dès qu'elle est effective, avec ton Kbis ou ta synthèse INPI.


T'actualiser chaque mois, comme n'importe quel demandeur d'emploi. Tu restes inscrit, tu continues de déclarer ta situation.


Déclarer tes revenus chaque mois. En micro-entreprise, c'est ton chiffre d'affaires encaissé. Si tu ne peux pas encore justifier de tes revenus (typiquement en début d'activité, avant ta première déclaration fiscale), France Travail peut appliquer une avance sur allocations qui sera régularisée ensuite. Anticipe : la régularisation peut donner lieu à un trop-perçu à rembourser.


Que se passe-t-il si mon entreprise ne marche pas ?


Tu peux retrouver tes droits, avec des règles qui dépendent de ce que tu avais choisi.


Si tu étais en cumul ARE, il suffit que ton activité cesse ou soit mise en sommeil pour que le versement des 40 % de droits restants reprenne.


Si tu avais pris l'ARCE, tu peux reprendre les droits qu'il te restait la veille de la création, diminués du montant de l'ARCE déjà versé, à condition que l'activité ait définitivement cessé. Un différé s'applique, calculé sur le nombre d'allocations journalières correspondant au second versement.


Dans les deux cas, il y a un délai : tu peux te réinscrire dans un délai de 3 ans à compter de l'ouverture de tes droits, augmenté de la durée totale de ces droits. Exemple officiel : des droits de 20 mois ouverts le 1er juillet 2025 permettent une réinscription jusqu'au 1er mars 2028.


Combien de temps dure l'allocation chômage en 2026 ?


La durée dépend de ton âge à la fin de ton contrat de travail. Depuis le 1er avril 2025, les seuils sont à 55 et 57 ans :


  • moins de 55 ans : 548 jours, soit 18 mois

  • 55 et 56 ans : 685 jours, soit 22,5 mois (portés à 27 mois en cas de formation)

  • 57 ans et plus : 822 jours, soit 27 mois (portés à 31,5 mois en cas de formation)


La durée minimale est de 182 jours, soit 6 mois.


Côté montant, l'allocation journalière va d'un minimum de 32,13 € à un maximum théorique de 300,21 €. Il n'y a pas eu de revalorisation au 1er juillet 2026.


bottom of page